Cléa, illustratrice jeunesse

Interview de Cléa, une illustratrice et autrice jeunesse. Elle a réalisé certains mondes de Lalilo et depuis l’année dernière, elle participe à l’illustration de certains livrets de compréhension dans différents styles graphiques.

Quel type d’élève étais-tu ?
Studieuse et calme, je passais mes cours à dessiner sur une feuille cachée sous mon cahier. J’écris très mal car j’ai pris l’habitude d’écrire à toute vitesse pour avoir le temps de continuer mon dessin. J’ai aussi gardé l’habitude d’écouter des “cours” en dessinant : des émissions de radio, podcasts ou conférences. Faire 2 choses à la fois, ça m’aide à me concentrer, sinon je m’ennuie vite.

Si tu avais une baguette magique, comment t’en servirais-tu ?
Je me vois bien comme Mathilda, de Roald Dahl, à faire flotter ma tasse de thé de la cuisine à mon bureau et jouer des tours aux gens. 

Comment t’est venue cette passion pour l’illustration de livres de jeunesse ? Pourquoi as-tu choisi de dessiner pour les enfants ?
Quand j’étais petite, je voulais être auteure de bandes dessinées. Je ne lisais que ça, des piles entières ramenées de la bibliothèque. J’adorais aussi les contes, ma mère m’en a lus des centaines, dont l’intégralité des Milles et une nuit (chaque soir un petit bout pendant un an). Résultat pour moi, le dessin va de paire avec le texte et je me suis mise à écrire et illustrer mes petites histoires, qui sont devenues des livres. Mais je ne fais qu’un livre par an en moyenne, j’aime bien laisser mûrir mes projets longtemps. Le reste de l’année, je dessine beaucoup d’autres choses et souvent  pour les adultes.

Qu’est-ce qui, selon toi, doit encore changer dans l’éducation ?
Donner vraiment leur chance à tous les élèves, même ceux qui ne rentrent pas dans les cases. Leur apprendre à apprendre dès le plus jeune âge. J’ai l’impression qu’en France on radote trop sur la méritocratie qui a beaucoup de plomb dans l’aile.

Et aussi soutenir plus les profs, pour qu’ils·elles gardent leur enthousiasme et leur énergie tout au long de leur carrière. Ça change tout pour les élèves, un prof heureux.

Tu travailles dans l’illustration de jeunesse. Est-ce que tu n’as jamais voulu toi-même être prof ? 

C’est trop dur d’être prof ! Je fais des ateliers dans des écoles parfois, et c’est magique d’observer la façon dont le·la maître·sse dirige sa classe en douceur, comme un chef d’orchestre, et arrive à composer avec les personnalités de chaque enfant, les calmes comme les exubérants. 

Quel est ton plus gros challenge dans ton métier ?

Écrire une histoire c’est le plus gros challenge je trouve, pour qu’elle soit réussie et qu’elle plaise aux enfants et aux parents, qu’elle soit amusante et agréable à lire. C’est une alchimie un peu mystérieuse et on sait si la mayonnaise prend qu’une fois que tout est fini et le livre en magasin. 

Une petite victoire dont tu es fière ?
Avoir eu 20 en littérature au bac. J’ai toujours été nulle en dictée, puis orthographe dans mes dissertations, je ne lisais quasiment pas de “vrais livres”. J’avais l’impression que ce n’était pas pour moi. Quand j’ai découvert Kafka et La Bruyère grâce à un prof passionné, ça m’a ouvert à la littérature. Maintenant je lis des tonnes de livres !

Qu’est-ce que tu ne voudrais pas que les gens avec qui tu travailles découvrent ?
Le nombre de pauses que je prends pour aller voir mes plantes sur ma terrasse, observer les nouvelles pousses, la petite vie des insectes dessus… au lieu de travailler.

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