Étude d’impact Lalilo : premiers résultats
💪 Chez Lalilo, nous avons une conviction forte : pour améliorer durablement l’apprentissage de la lecture, il est essentiel de mesurer concrètement l’impact des outils utilisés en classe.
C’est dans cet esprit que nous avons lancé notre étude d’impact fin 2024, en nous appuyant sur une méthodologie scientifique exigeante et reconnue.
Une étude d’ampleur inédite
Cette étude constitue une première pour Lalilo : il s’agit de notre plus vaste démarche de recherche à ce jour, financée sur nos fonds propres en partenariat avec J-PAL et Paris School of Economics.
Mise en œuvre entre novembre 2024 et juillet 2025, l’étude a mobilisé :
- 6 académies partenaires : Créteil, Versailles, Toulouse, Montpellier, Lille et Reims
- près de 300 enseignants volontaires
- environ 3 000 élèves de CP
Cette implication collective nous a permis d’étudier l’usage de Lalilo dans des contextes scolaires variés. Nous souhaitons remercier infiniment les enseignants qui se sont investis dans le bon déroulement de cette étude. Rien n’aurait été possible sans elles et eux !
Une méthodologie scientifique rigoureuse
Pour mener cette recherche, nous nous sommes appuyés sur l’expertise d’une équipe pluridisciplinaire réunissant des chercheurs de Sciences Po, de l’Université Paris-Dauphine et du programme IDEE.
Afin d’isoler l’effet propre de Lalilo et d’obtenir des résultats solides et fiables, nous avons choisi de conduire un essai randomisé contrôlé, considéré comme la méthodologie de référence en recherche éducative. En clair :
- un groupe test a utilisé Lalilo dans ses apprentissages
- un groupe contrôle a suivi ses pratiques habituelles sans utiliser Lalilo
Lors de cette année, nous avons utilisé trois types d’évaluation :
- des entretiens élèves, visant à évaluer leurs compétences socio-émotionnelles (bien-être, motivation en lecture, sentiment de compétence, esprit de développement, anxiété de performance, esprit de compétition) ;
- des observations en classes et questionnaires déclaratifs pour les enseignants, visant à comprendre leurs pratiques pédagogiques (recours aux évaluations formatives et travail en groupe, différenciation pédagogique) et leurs représentations concernant le numérique et l’esprit de développement ;
- les évaluations nationales de lecture et de mathématiques de début CP et CE1.
Les entretiens ont été effectués en fin d’année scolaire, et les réponses ont été comparées entre les 2 groupes pour établir des différences liées à l’utilisation ou non de Lalilo pendant l’année. Le progrès académique de chaque enfant sur l’année de CP a été mesuré par les évaluations nationales, et les progrès académiques moyens de chaque groupe ont été comparés pour montrer un effet de l’utilisation de Lalilo.
Regard critique et proposition d’améliorations
Cette étude est la première que nous réalisons, il y a donc forcément eu des choses qui auraient pu mieux marcher. Nous proposons un regard critique sur les améliorations nécessaires.
1. Actions pour garantir un usage optimal et représentatif des usages réels de Lalilo
Notre recommandation d’usage pour maximiser l’impact de Lalilo est de 40 minutes par semaine par élève. D’après les questionnaires de l’étude, la durée d’utilisation idéale pour les enseignants est de 46,5 minutes, ce qui est en phase avec notre recommandation.
Or, l’usage réel observé parmi les participants de l’étude est de 13 minutes par semaine par élève en moyenne.
Dans l’immédiat, nous cherchons à comprendre l’écart entre intention et réalité d’usage, et tenterons de résoudre ce qui relève de Lalilo.
Nos premières hypothèses :
- les enseignants ont rencontré des problèmes techniques limitant leur usage (wifi instable, équipement informatique défectueux, bug de l’outil…) ;
- les enseignants font face à des contraintes de gestion de classe et à la complexité de mettre en place une routine.
Par ailleurs, nous savons que les enseignants utilisent davantage Lalilo la deuxième année, une fois l’outil mieux maîtrisé. Or, pour ne pas biaiser l’étude, nous avons sélectionné des enseignants n’ayant jamais utilisé Lalilo, qui ont dû mettre en place de zéro la routine dans la classe, ce qui a pu diminuer leur usage.
Cette observation nous encourage à renforcer nos efforts sur la formation et l’accompagnement des nouveaux utilisateurs de Lalilo pour leur permettre de maximiser les bénéfices dès la première année.
Pour de prochaines études, nous étudierons la possibilité d’élargir le recrutement à une population d’enseignants déjà familière avec l’utilisation de l’outil, sans compromettre l’étude, afin de garantir
2. Actions pour garantir une quantité de données suffisante
Ce type de recherche nécessite un grand nombre d’enseignants et d’élèves pour apporter des conclusions significatives. La quantité de données exploitables s’est révélée plus restreinte qu’anticipé, limitant ainsi l’étendue de l’analyse et la portée des conclusions qui peuvent en être tirées.
Premier écueil : nous avons rencontré des difficultés dans le recrutement des enseignants volontaires pour participer à l’étude et n’avons pas atteint le nombre cible initial. La construction pérenne de partenariats avec les académies et une meilleure communication sur les enjeux de l’étude sont des leviers à explorer pour augmenter le nombre de participants pour de futures études.
Second écueil : nous n’avons pas anticipé une perte de données liées à la transition de classe d’une année sur l’autre. Cette perte a impacté le nombre d’élèves pris en compte dans l’étude, et donc potentiellement la significativité des effets observés. Améliorer la gestion des conditions de stockage des données, tout en conservant un respect strict du RGPD, sera essentiel pour de futures études.
3. Actions pour accélérer et faciliter des études régulières
Dans cette étude, la mesure des performances académiques des élèves s’est réalisée grâce aux évaluations nationales en fluence et mathématiques. Or, ces évaluations présentent deux inconvénients :
- les demandes d’accès aux données sont complexes et le temps de traitement est long, ce qui bride la régularité souhaitée de ce type d’études ;
- elles favorisent des tâches automatisables et standardisées pour une bonne comparaison des élèves à l’échelle nationale, au détriment de tâches plus complexes mettant réellement en lumière les compétences des apprenants.
Pour pallier ces deux inconvénients, nous travaillons actuellement à la mise en place de nouvelles activités, intégrées directement à Lalilo, visant à évaluer diverses compétences de compréhension de la lecture. Ces activités fourniront aux enseignants des mesures précises et régulières pour suivre le progrès de leurs élèves, et pourront être utilisées dans de futures études d’impact.
Des premiers résultats nuancés
L’étude ne traduit pas d’effet moyen de l’utilisation de Lalilo sur les compétences socio-émotionnelles et les performances académiques des élèves.
Les différents écueils rencontrés, notamment l’usage plus faible qu’attendu, ont limité l’étude, et probablement éloigné les résultats de ce que nous espérions. Malgré tout, les résultats sont encourageants sur deux aspects :
- L’étude démontre que Lalilo n’a pas d’impact négatif, notamment sur le bien-être, le comportement compétitif et l’anxiété de compétence des élèves. La majorité des élèves aiment utiliser Lalilo et le perçoivent comme un outil de travail pour progresser en lecture !
- Les données suggèrent que certains profils pourraient bénéficier davantage de Lalilo que d’autres. L’hypothèse à vérifier est que 10 à 20% des élèves tirent un bénéfice notable de l’outil, mais que ce bénéfice n’est pas observable directement puisque “dilué” dans la moyenne globale.
Prochaines étapes : développer des outils statistiques avec les chercheurs pour analyser ces effets hétérogènes, identifier ainsi les profils qui bénéficient davantage de Lalilo, et mettre en place la meilleure approche pour maximiser l’impact auprès de ces élèves.
💡 Ces premiers enseignements constituent une étape importante, et nous sommes impatients de partager la suite de cette recherche dans les prochains mois.
